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Les relations humaines et le jeu social rendent Linux inutilisable pour le commun des mortels

vendredi 19 mars 2004, par mehdi

Moi je n'ai pas reussi à installer un seul soft sur Mandrake. J'ai eu des plantages sous Knoppix. Et l'aide des solidaires linuxiens super sympa je la cherche encore.

Je me dis que je suis con et que je ne devrais pas continuer à utiliser Windows. D'ailleurs je ne veux pas utiliser Windows mais les linuxiens que je connais dans le monde réel n'ont aucune relation avec le commun des mortels qui ne parle pas leur dialecte. Et se comportent avec condéscendance envers les gens qui n'ont pas leur génie. Et ceux de l'Internet n'aident que si ça flatte leur intelligence. J'en veux pour preuve le texte "apprendre à poser une question" sur le site linux-france.org.

Après, payer pour acheter des livres sur Linux ça coûte une fortune. Or, moi qui ne comprend rien a l'informatique, les histoires de sécurité je m'en fous (mes donnés sensible je les grave et je n'achète pas sur internet), l'adaptabilité du système : du moment que ça marche, il n'y a donc que la gratuité de Linux qui m'intérresse. Si je dois acheter une tonne de bouquins dont je sais déjà que seulement quelques informations me seront utiles dedans alors Linux me paraît être sans interêt...Tandis que si quelqu'un m'expliquait...

Et ceux qui savent sont avares en conseils ou, comme c'est le cas de ce texte, ommettent tous les problèmes que l'on rencontre dès que l'on s'y frotte (voir le message "deux jours d'utilisation de linux" en réponse a ce texte qui remet quand même les choses à l'endroit). Et que l'on justifie par une morale judéo-chretienne du genre "il faut souffrir pour etre libre". On a en gros une elite qui explique aux "ploucs" ou aux "losers" ce qui est mieux mais on n'explique pas comment faire de façon à ce que ce soit vraiment utile.

Donc je suis bien convaincu que Linux a des avantages très attrayants, mais je suis aussi convaincu que ceux qui l'utilisent le font comme une caste qui refuse de reconnaître qu'il faut quelque chose de facile pour les gens qui veulent utiliser l'ordinateur et pas jouer avec pour faire parti d'un groupe d'internautes raffinés et que pour l'instant l'OS Linux n'est pas du tout prêt.

Ceux qui utilisent Linux ont du temps et des compétences (de l'argent peut être ?) qu'ils ne partagent que si ça ne les dérange pas trop, ça les arrangerait bien qu'il y ait plus de monde qui utilise Linux, mais ils ne veulent pas perdre pour autant leur statut de dominant sur la toîle, voilà le sentiment qu'a un utilisateur ordinaire. Leur arrogance ou leur condéscendance genre "c'est mon choix et j'ai des arguments" fait fuire ceux qui, comme moi, ne demandent pas mieux que de changer d'OS et de logiciel mais qui ont besoin d'une aide, mais d'une vrai : quelqu'un qui est là et qui parle (qui enseigne peut-être ?). Au lieu de cela on trouve des tutoriels, des didacticiels tout ce qui permetra a leurs auteurs de rester chez eux et de faire bonnes oeuvres (de se flatter l'ego peut-être aussi ?).

Alors les beaux discours ça suffit, revenez sur terre et parlez aux losers, aux ploucs et aux cons comme moi et arrêtez avec vos grands airs (celui qui a écrit ce texte "un an d'utilisation de Linux" cherche a se convaincre qu'il est un utilisateur ordinaire et ce n'est pas vrai il a un serveur qu'il sait utiliser. De quel "ordinaire" parle-t-on là ?. Ce que vous savez n'est pas tombé du ciel, vous avez reçu des formations, vous êtes intégré dans un tissu social qui vous a donné des trucs, des méthodes, des façons de penser et d'apréhender un problème etc... c'est aussi un processus de socialisation que vous omettez de signaler (car vous n'en êtes peut-être pas totalement conscient) et qui fait toute la différence. Et c'est ce qui crée à la fois une exclusion et votre distinction.

Il faut arrêter avec la "critique de la raison pure" qui fait que c'est pour des raisons de caracteristiques intrinsèques des produits qu'il faut s'y convertir. Les choses sont bien plus compliquées que cela. C'est d'ailleurs pour cela que Linux "le produit miracle" reste inconnu du grand public. Dans les pays du tiers monde ougrave; les gens, les institutions et les entreprises n'ont pas d'argent, Linux est presque totalement inconnu (pour ceux qui ont accès a un ordinateur) pourtant c'est gratuit alors expliquez moi. Comment se fait-il que ce qui est mieux et gratuit soit réservé a ceux qui ont de l'argent ? Je pense que des élèments de réponse peuvent se trouver dans le livre "La distinction" de Bourdieu qui fera peut-être comprendre que le problème n'est pas que dans les logiciels mais aussi dans les structures sociales.

Je m'excuse d'avoir ecrit un message aussi long et de ne pas respecter les règles de bienséance.

Article posté a l'origine dans une tribune de Framasoft, reproduit ici avec l'aimable autorisation de l'auteur.
 
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