"Beaucoup de sociétés utilisent nos produits, ils n'en parlent simplement pas! ",
est une excuse traditionnelle des sociétés d'édition de logiciel,
particulièrement quand ces dernières éditent des solutions pour l'Open
Source.
Le déploiement de logiciel open source, particulièrement dans le
domaine privé, apparait souvent comme une activité clandestine, seules
quelques sociétés commencent à parler de leur engagement.
Derniérement lors d'une conférence OASIS à Londre, Erwin Tenhumberg, un
responsable marketing produit chez Sun Client Systems Group à pris la
parole pour parler du déploiement mondial de l'application
OpenOffice.org. Il a indiqué qu'un grand nombre de personne ne désire
pas en parler. De même Tristan Nitot, président de Mozilla Europe, a
annoncé en public qu'il connaissait des sociétés ayant déployé FireFox
(navigateur internet) et Thunderbird (client de messagerie) sur plus de
100.000 postes. Ici encore les sociétés ne désirent pas communiquer sur
ce fait.
12.000 postes
Eva Brucherseifer, PDG de Basyskom (société Allemande de consulting),
qui travaille avec des sociétés qui migrent leurs applications en open
source, déclare que ces compagnies sont souvent réticentes
sur la divulgation autour de l'open source: 'Il y a beaucoup de migration dont personne n'entend parler', 'la
plus grande migration sur laquelle nous avons travailler concerne
12.000 postes, mais la société ne veut pas en parler, au moins, pour le
momment'.
Dave Neary, directeur de la fondation Gnome, connait des situations
similaires. Pour différentes raisons, le secteur privé ne veut pas
communiquer sur l'open source. 'Je connais des cas où un grand nombre de postes sont installés avec de l'open source sans que la presse ne soit informée'.
Le secret apparent autour des sociétés migrant vers l'open source peut paraitre inhabituel, mais il existe des précédents. 'Les
entreprises sont favorables à déclarer leur migration sur des produits
reconnus ou d'éditeur renommés, si elles continues à utiliser un
parties de ces produits' déclare Shaun Conolly responsable chez JBoss.
'Si une entreprise utilise un grand nombre de logiciel IBM et migre
vers un autre serveur d'application, des considérations politiques
entrent en jeux. Qu'elle bascule vers BEA ou IBM a peu d'importance,
elle communique sur son maintien de ses relations avec IBM'.
Migrations secretes
Une autre explication consiste à expliquer qu'une société ne
communiquera pas une migration lui apportant des avantages
concurrentiels. 'Si une entreprise utilisant un logiciel open source
pour une nouvelle application et qu'elle en retire des avantages
financiers, ou rend son travail plus concurrentiel, elle ne désirera
pas en informer ses concurrents' annonce Salim Fadhley un développeur
open source de Londre.
Cet argument est également important, à moins que l'entreprise ne soit
technologique, il y a peu d'avantage à communiquer sur les moyens
informatiques employés. Cette publicité n'apportera ni revenu, ni image
de marque.
Mauvaise publicité
En realité, publier sur l'open source ajoute le risque d'une mauvaise
image. Les éditeurs propriétaires tel Microsoft utilisent leur moyen
marketing pour mettre en évidence les inconvénients des solutions open
source.
On se rappele le discours de Microsoft lors du Symposium de Gartner
quand Steve Ballmer aborde la migration vers Linux de Munich.
'Oui nous avons perdu la ville de Munich. Mais, dans les faits, la
même histoire a été répétée 65.000 fois, un seul client -et comment
dire poliment?- ils en sont toujours à déterminer quand se fera la
migration.'
Certaines organisations ne publient pas sur leur migration pour ne pas
prendre le risque d'être intégrée dans la campage de FUD de Microsoft
selon Georg Greve président de la FSF (Free Software Foundation Europe)
Brucherseifer ajoute que Microsoft n'est pas seule à apporter une
publicité négative, la communauté open source elle-même peut se
plaindre sur des dysfonctionnements. Il y aura toujours un utilisateur
qui annoncera que cela ne marche pas pour lui. Son témoignage
pourra être monté en épingle par la presse.
Publicité négative
Le risque de publicité négative est particulièrement élevé lorsque la migration est rendue publique avant son achèvement. Gerd Armbruster qui supervise une migration extensive vers l'open source dans la ville de Mannheim
dit que même si le projet a démarré l'année dernière, les décisions de
ne rien révéler à la presse jusqu'au mois dernier ont été prises.
Uniquement lorsque la première étape de la migration a été accomplie. 'Pour
nous il était très important de finir la migration avant de la rendre
publique, nous voullions présenter un histoire positive. Je voullais
pouvoir déclarer : Manheim a changé toute son infrastructure et cela
marche !'
Annoncer un projet pilote -même si les risques sont minimes- peu présenter un grand nombre de problème selon Neary de GNOME. 'Annoncer une phase pilote peut vous revenir brutalementsi vous annoncez l'abandonner un an plus tard'.
Il n'y a pas uniquement la presse dont les entreprises se méfient. Certaines sociétés cachent les migrations à leur salariés. 'Beaucoup
de salariés utilisent les logiciels propriétaires tels Microsoft. Si
vous leur dite que leur nouvel outil est différent, ils peuvent le
rejeter sans même l'avoir essayé. J'ai rencontré un responsable qui a
déclaré une nouvelle version de Word après avoir installé
OpenOffice.org et les utilisateurs l'ont cru'.
Le silence qui entoure les déploiements open source n'est pas toujours
intentionnel. Pour certaines sociétés cela vient d'un manque de
ressources -elles veulent promouvoir un projet mais n'ont pas les
moyens de le réaliser-. La grande différence entre l'open source et les logiciels propriétaires est la publicité.
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Dernière mise à jour : ( 29-11-2005 )
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